L’évaluation consiste à porter un jugement scientifiquement valide et socialement légitime sur une intervention donnée (Champagne & al, 2009). Cependant, il importe de considérer certains éléments avant de se lancer dans une évaluation proprement-dite. En effet, bien que toutes les interventions soient évaluables, les conditions nécessaires à réaliser l’évaluation ne sont pas toujours présentes. Les lignes qui suivent rappellent aux parties prenantes à l’évaluation, les éléments à considérer afin de s’assurer que l’intervention visée s’accompagne des conditions qui favoriseront une évaluation adéquate (Wholey, 2004).

1. Clarté des objectifs de l’intervention

Une intervention représente le chainon manquant visant à réduire l’écart entre une situation préoccupante (le problème à la base) et une situation souhaitée (objectif). La compréhension de ses objectifs par toutes les parties prenantes à l’évaluation permet, d’une part, de trouver un consensus quant aux attentes de cette intervention et, d’autre part, de s’assurer de l’adéquation du modèle d’intervention choisi par rapport aux objectifs poursuivis.

2. Clarté de l’information à rechercher

La description du modèle d’intervention (c’est-à-dire la nature de l’intervention, les ressources nécessaires à sa réalisation, les activités mises en œuvre ainsi que leurs produits) permet de faire ressortir en termes clairs toutes les composantes de l’intervention et, par conséquent, d’identifier les dimensions cruciales sur lesquelles portera l’évaluation.

3. Accessibilité des informations

La disponibilité des informations sur l’intervention à évaluer est assurée par une gestion de l’information qui permette la documentation, la vérification ainsi que l’appropriation des expériences autour de l’intervention concernée. Les parties prenantes à l’évaluation doivent avoir la possibilité d’accéder à l’ensemble de ces informations à l’aide d’outils de collecte d’informations appropriés et selon leur contexte.

4. Volonté et capacités des destinataires

Il convient enfin de s’assurer que les destinataires de l’évaluation ont la volonté ainsi que la capacité d’utiliser les résultats de l’évaluation. Ceci est extrêmement important si on veut éviter de s’engager dans un processus dont les résultats sont d’avance voués à garnir le placard. Sans cette volonté, l’évaluation non seulement ne sert à rien mais peut engendrer des effets pervers (démobilisation, frustration, etc.) chez ceux et celles qui y ont consacrés temps et efforts pour au bout du compte, constater que tout ce travail était vain ou n’a servi qu’à donner bonne conscience à certaines parties prenantes.

La considération de l’ensemble de ces quatre dimensions balise la réalisation de l’évaluation à venir et garantit non seulement sa faisabilité mais aussi son utilité. Le consensus des parties prenantes autour des éléments à inclure dans ces quatre dimensions constitue le prérequis nécessaire à la prochaine étape, à savoir : l’évaluation proprement-dite.

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