L’année 2016 a été une année riche en débats relativement à la qualité de l’information et à la communication scientifique. Nous n’avons qu’à penser aux débats entourant les changements climatiques, les vaccins, à la polémique déclenchée par les propos du Pharmachien au sujet de la science et de la santé, ou encore à la forme d’information dont nous entendons beaucoup parler actuellement suite aux faits qui ont été avancés par les médias lors de la journée d’investiture de Donald Trump et contestés par la Maison-Blanche.

Il n’est pas étonnant que le mot « post-vérité » soit devenu le mot de l’année selon le célèbre dictionnaire britannique Oxford Dictionaries. Il fait référence à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence sur l’opinion publique que les croyances personnelles ou les arguments émotifs. Il est bien connu, par exemple, que l’utilisation de la peur est un outil des plus efficaces afin de rallier l’opinion publique.

Savoir faire le tri entre arguments émotifs et faits objectifs

De nos jours, quelles sont les sources valides d’information à l’ère des réseaux sociaux? Comment faire la part des choses quand beaucoup misent sur les émotions pour convaincre? Comment s’y prendre afin que les informations scientifiques et les faits objectifs aient un impact positif dans nos vies?  Nous sommes plusieurs à nous poser ces questions. Si bien qu’au Québec, des « gardiens des faits » font surface et sont de plus en plus nombreux.

L’Agence Science Presse s’est doté d’une rubrique de vérification des faits appelée le « détecteur de rumeurs ». Ici on ne trouve pas de réponse tranchée, on y va avec du « plutôt vrai » ou du « plutôt faux ». Pourquoi cette nuance? Parce que les faits scientifiques s’appuient sur l’ensemble des résultats de recherche. Comme le dit Julie Payette dans cette vidéo, « en science, une seule source de données ne veut pas dire grand-chose (…) ce qui compte, c’est la tendance à long terme. » En ce sens, « plus on a d’études, plus on s’approche de la réalité ».

D’autres initiatives nous aident aussi à faire le tri et à exercer notre sens critique face aux informations médiatiques telles que l’Inspecteur Viral du Journal Metro ou encore le Polygraphe de l’info de Radio-Canada.

La communication des faits demeure un bon défi à relever

À cette ère d’infobésité, je crois qu’il nous faut user de créativité pour attirer davantage l’attention vers les faits et engendrer des impacts sociaux positifs. À l’instar des communicateurs scientifiques, nous devons participer à rendre les faits plus sexy.

Tweet de Science Presse sur un documentaire sur le Boson de Higgs

Le mariage art et science, par exemple, est une union des plus heureuse (voir mon autre billet de blogue Quand la créativité scientifique rencontre la créativité artistique ). Ainsi en 2016, nous avons vu poindre plusieurs initiatives créatives. Par exemple, pour soutenir les étudiants dans la communication de leur projet de recherche, le concours « Votre recherche en BD et en vidéo » fût lancé par la fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM).

Dix projets étudiants ont été mis en images par plusieurs bédéistes traitant de divers domaines scientifiques comme l’étude du sommeil, de la vision, des jeux vidéo, de l’homophobie et même du transfert de connaissances :

Extrait de la BD de Marc-OIivier Schule, candidat au doctorat en psychoéducation

Extrait de l’Évaluation des besoins d’informations des intervenants en protection de la jeunesse par Marc-Olivier Schule, candidat au doctorat en psychoéducation

Einstein a dit « la créativité, c’est l’intelligence qui s’amuse ». Engageons-nous à mettre à profit notre créativité pour faire connaître et faire comprendre les faits objectifs et scientifiques.

Des projets combinant art et science vous ont marqué? Décrivez-les dans la zone commentaire ou écrivez-moi pour me les faire connaître.